GARGANTUA : (version abrégé)
1) - Contexte du roman :
La parution de Gargantua se fait au XVIème siècle, en plein courant humaniste. Cela a donc fortement influencé Rabelais lors de l'écriture de son oeuvre. On peut d'ailleurs le remarquer avec l'éducation de Gargantua: celle-ci doit être complète et importante, or les humanistes avaient une soif de connaissances qui les poussaient à vouloir acquérir autant de connaissances que possibles. Il y a aussi un non-retour sur les principes du Moyen-Âge, considéré désormais comme mal-vu. On retrouve également ceci lors de l'éducation de Gargantua, éducation complètement humaniste qui remet totalement en cause celle donnée au Moyen-Âge. De plus Rabelais propose ici une éducation basé sur le dynamisme. En effet Gargantua doit pratiquer de nombreuses activitées physiques et intellectuelles et cela chaque jours. Or au Moyen-Âge l'éducation était surtout basée sur le "par coeur". On constate d'ailleurs que dans un premier temps, l'éducation de Gargantua sera très axée sur cette notion de "par coeur" avant de prendre un tournant plus "humaniste".
-Biographie de l'auteur :
Francois Rabelais, auteur humaniste, est né en 1494 à La Devinière en Touraine, d'un père avocat. En 1510, il commence sa préparation à la vie de moine et il rentre, en 1520 dans un couvent du Poitou. Il y restera jusque 1528, année où il se rend à Paris afin d'entamer des études de médecine à Montpellier, études qu'il terminera en 1530. En 1532 il est nommé médecin à Lyon et publie son premier roman, Pantagruel sous le nom Alcofhrybos Nasier. Par la suite il devient le médecin personnel de Jean Du Bellay et accompagne ce dernier en Italie, à Rome. En 1535 il publie Gargantua, en 1546, Tiers Livre, et en 1552, Quart Livre, qui est le récit des navigations de Pantagruel. En 1553, Rabelais décède de causes inconnues.
2) Le récit : (résumé de 2-3 lignes par chapitres)
Chapitres 1 : Découverte de la généalogie de Gargantua par des piocheurs.
Chapitre 3 à 4 : Le narrateur présente Gargamelle enceinte de onze mois, s'empiffrant de tripes, le couple royal ayant invité à la Devinière tout le voisinage.
Chapitre 5: Le festin se poursuit dans un pré, ce chapitre rapporte les propos de l'assistance ivre.
Chapitre 6 : Relate " l'étrange" naissance de Gargantua qui sort par l'oreille gauche de sa mère.
Chapitre 7 : Explique l'origine du nom du héros.
Chapitre 8 à 10 : A l'instar des romans de chevalerie qui consacraient de longues descriptions aux armes et aux costumes du héros, on s'attarde sur l'accoutrement de Gargantua
Chapitre 11 : Présente les jeux et activités de l'enfant.
Chapitre 12 : Gargantua dupe des visiteurs avec son écurie "factice".
Chapitre 13 : La dernière invention de Gargantua (l'art d'utiliser un oison pour s'essuyer les fesses) émerveille Grandgousier.
Chapitre 14 : Un premier précepteur sophiste : maître Thubal Holopherne.
Chapitre 15 : Grandgousier constate les résultats néfastes de la méthode scolastique. Premier contact avec l'éducation humaniste incarnée par le jeune Eudémon.
Chapitre 16 : Chapitre de transition: fin de l'enfance et départ pour Paris avec Eudémon et Ponocratès, le précepteur humaniste. Gargantua sur son énorme jument traverse la Beauce.
Chapitre 17 : Paris et les parisiens: pour punir ces derniers , Gargantua compisse la foule et provoque la noyade de deux cent soixante mille quatre cent dix-huit parisiens avant de s'emparer des cloches de Notre-Dame pour les mettre au cou de sa jument.
Chapitre 18 : Gargantua rend les cloches de Notre-Dame.
Chapitre 19 à 20 : Ivresse et malheurs de Janotus.
Chapitres 21 à 22 : L'éducation selon les précepteurs Sophistes.)
Chapitres 23 à 24 : L'éducation humaniste.
Chapitres 25 à 26 : Premiers épisodes de la guerre picrocholine. Nous assistons à un incident sans importance se produisant prés de Lerné : une "querelle" entre les bergers (de Grandgousier) et les fouaciers (de Picochole ,le voisin). L'incident donne l'occasion à Picrochole l'occasion d'entrer en guerre.
Chapitre 27 : La scène se déroule à l'abbaye de Seuillé. A l'extérieur, les gens de Picrochole détruisent le vignoble, à l'intérieur les moines apeurés chantent et prient. Cependant, l'un d'entre eux, Frère Jean des Entommeures, décide d'agir .
Chapitres 28 à 32 : Grandgousier demande à son fils, Gargantua, de lui venir en aide.
Chapitres 33 : Illustration de la folie de Picrochole.
Chapitres 34 à 36 : Gargantua, digne fils de son père, revient sans précipitation secourir son pays. Il s'arrête, délibère, s'informe sur l'ennemi, envoie un franc tireur , Gymnaste, champion de voltige, démolit un château, passe le gué, compisse ses ennemis, les noie et se débarrasse de la troupe qui le bombarde.
Chapitres 37 à 41 : Retrouvailles du père et du fils, festin, Frère Jean félicité, on parle de tout et de n'importe quoi et Frère Jean endort tout le monde, puis les réveille en chantant. Départ pour la guerre.
Chapitre 42 : Mésaventures de Frère Jean qui trop fougueux et trop harnaché se retrouve pendu par les oreilles à un arbre. Gymnaste le libère et frère Jean ne conserve que son bâton de croix.
Chapitre 43 : Parodie de combat entre Frère Jean et Tiravant, Dieu est du côté du moine. Gargantua, par stratégie, ne poursuit pas l'ennemi en déroute mais Frère Jean qui désobéit et se retrouve prisonnier.
Chapitres 44 à 45 : Frère Jean se libère , il capture Touquedillon et libère des pèlerins. Grandgousier leur conseille en les réconfortant de renoncer aux pèlerinages.
Chapitre 46 : Sermon de Grandgousier adressé à Touquedillon sur le thème "le temps n'est plus aux conquêtes".Libération de Touquedillon.
Chapitre 47 : Les alliés de Grandgousier s'empressent de lui offrir leur aide . Dans le camps ennemi le retour de Touquedillon amène la discorde , on l'accuse de trahison, il tue et est tué... rumeurs d'insurrections.
Chapitres 48 à 49 : l'assaut final. La Roche-Clermaud est envahie par les troupes de Grandgousier grâce à une manoeuvre de Frère Jean. Picrochole s'enfuit, on ne le retrouvera pas.
Chapitre 50 à 51 : Harangue de Gargantua(désormais prêt à succéder à son père) qui se lance dans un éloge de la monarchie et choisit Ponocrates pour diriger le royaume désolé de Picrochole. Les prisonniers sont humainement traités, tous les chefs de l'armée victorieuse sont récompensés.
Chapitre 52 : A Frère Jean qui refuse de diriger une abbaye, on offre Thélème , l'abbaye du "bon vouloir".
Chapitre 53 à 57 : Description de Thélème: son architecture, le mode de vie et de pensé des thélémites...
Chapitre 58 : Dernier chapitre : la longue énigme trouvée en creusant les fondations de l'abbaye. Une prophétie dans laquelle Gargantua voit "le cours et la persistance de la vérité divine"
4) Le personnage de Gargantua :
Gargantua est le fils de Grandgousier et Gargamelle. Il naît de l'oreille de sa mère, après avoir été porté pendant onze mois, lors d'une partie de campagne organisée par Grandgousier où elle a beaucoup mangé, ri, plaisanté et dansé. La taille extraordinaire de Gargantua permet à Rabelais de décrire de nombreuses situations pour le moins loufoques, en effet Gargantua fait, à sa naissance, bien plus que la taille d'un homme. Dès sa naissance le géant est mort de soif et ses nombreuses plaintes amènent son père à s'exclamer: "Que grand (gosier) tu as", ce qui vaudra à l'enfant d'être appelé Gargantua.
Entre trois et cinq ans, Gargantua est élevé assez librement. Il bénéficie ensuite d'une éducation délivrée par des pédagogues traditionnels. Puis il se rend à Paris pour recevoir l'enseignement de Ponocrates.
Gargantua est un bon vivant, il aime manger, boire et a un attrait particulier pour les blagues à l'humour douteux. Il a également une passion pour la chasse et l'équitation, qu'il pratique ausi souvent qu'il le peut. Gargantua vient en aide à son père lors de la guerre contre Picrochole, et, à l'aide du Frère Jean des Entommeures, la remporte.
5) Les thèmes du livre :
- L'éducation :
L'éducation est l'un des principaux thèmes de cet ouvrage ce qui est logique car c'est également l'une des grandes préoccupations des humanistes du XVIème siècle. Par le biais de l'éducation reçue par Gargantua, l'auteur expose ses idées à se sujet. Il critique tout d'abord les pratiques du Moyen- âge notamment la pédagogie des professeurs comme Thubal Holoferne, premier percepteur de Gargantua qui lui fait étudier une longue liste d'ouvrages (comme Dormi Secure qui signifie « dors en paix »), dont les titres nous laissent douter de l'utilité de leur lecture. Par ailleurs, le temps que passe gargantua à cette étude nous suggère qu'elle est synonyme de perte de temps, en effet, Gargantua met environ cinq ans à apprendre son alphabet.
D'autre part, le résultat de ces études sur Gargantua est déplorable, il a des facilités pour apprendre mais ces méthodes ne lui apprennent pas à réfléchir ni à raisonner. On comprend ici que Rabelais condamne la scolastique.
Mais, c'est sous l'enseignement de Ponocrates, que Gargantua va enfin recevoir une « bonne » éducation. Le narrateur fait ainsi l'éloge des méthodes du percepteur qui cherche avant tout à intéresser son pupille à la connaissance mais qui tient également à ce qu'il s'entretienne physiquement et qu'il s'épanouisse à son rythme sans pour autant perdre une seule heure de chaque journée. Il le pousse à la réflexion sans le brusquer et au final, c'est Gargantua qui montre une soif de connaissance et un esprit vif. Cette méthode d'éducation humaniste est certainement l'éducation que Rabelais juge parfaite, elle pousse l'homme à s'interroger sur le monde qui l'entoure tout en se référant aux textes et auteur de l'antiquité, sans négliger l'entretien corporel. Rabelais prône ainsi la tripartition et il propose un programme d'éducation humaniste efficace où chaque minute est utilisée sciemment.
- La guerre
La guerre est l'un des éléments centraux de Gargantua. En effet, le récit s'achève après la victoire de Gargantua sur l'armée de Picrochole. Cette guerre est l'élément qui finalise l'éducation de Gargantua et ce sont ses exploits guerriers qui font de lui un homme sage et digne aux yeux du lecteur. Par l'intermédiaire de cette guerre, Rabelais met surtout en avant le fait qu'une guerre doit être justifiée et morale. Elle se justifie ici par la méchanceté des fouaciers de Lerné et de leur roi Picrochole qui s'oppose à l'attitude pacifiste de Grandgousier. Cette problématique de la « guerre juste » a passionné les philosophes du Moyen- âge et de la Renaissance. Rabelais cherche à montrer au lecteur que malgré la philosophie pacifiste des humanistes, la guerre est parfois inévitable et même nécessaire. La réaction de Grandgousier en est l'exemple concret car même si la paix est son unique but, il ne peut laisser son ennemi dévaster son pays sans intervenir, cela serait encore plus immoral de le laisser faire que de se défendre contre cette attaque injuste. Rabelais marque bien cette différence car au contraire de Picrochole qui a soif de conquête, Grandgousier combat afin de rétablir la paix. Ces motifs sont donc nobles et en accord avec la philosophie humaniste.
- La religion
De nombreuses questions religieuses sont abordées dans Gargantua. Tout au long du récit, Rabelais critique ouvertement le mode de vie monastique, auquel il a appartenu, mais également le bienfondé des pèlerinages très en vogue à l'époque. Ainsi, Grandgousier conseille aux six pèlerins de remplir leurs devoirs auprès de leur famille plutôt que de passer leur temps à faire des pèlerinages (chapitre 36). Rabelais remet donc en cause les doctrines de l'Eglise et les « faux » devoirs religieux qu'elle impose à ses fidèles.
Par ailleurs, les personnages critiquent à plusieurs reprises l'état de moine. Ils jugent les moines « rejetés du monde » (chapitre 38) et ils déplorent leur mode de vie triste, organisé par des lois imposées par l'Eglise. Ainsi, Rabelais nous propose son utopie de la religion avec l'exemple de l'abbaye de Thélème. Lieu de liberté, de joie, de culture et d'amour où tout serait régi selon la volonté des habitants (chapitre 55). Les « Thélémites » doivent être jeunes, beaux et intelligents. Les plaisirs terrestres ne sont pas condamnés dans cette abbaye. Rabelais critique également le v½u de chasteté auquel les moines sont soumis par l'Eglise, ainsi, les jeunes dames de Thélème se marient avec les jeunes Thélémites pour s'aimer le reste de leur vue.
Dans Gargantua, Rabelais ne critique pas la religion en elle-même mais il blâme le pouvoir arbitraire de l'Eglise et les règles drastiques qu'elle impose aux fidèles au nom du devoir religieux. C'est certainement son expérience en tant que moine qui a donné à Rabelais l'idée d'une religion parfaite où chacun serait guidé vers Dieu par sa propre foi et non en suivant le chemin tout tracé d'une Eglise qui s'en éloigne.
7) Appréciation personnelle argumentée :
J'ai trouvé le roman de Rabelais, Gargantua, plutôt intéressant et amusant. En effet il est très étonnant de voir un auteur du XVIème siècle utiliser des termes tels que "pissait", "chiait" ou encore "torchecul". D'autant plus quand on sait que Rabelais fut érudit.Tout cela donne une dimension plaisante au texte à laquelle je ne m'étais pas attendue. Certaines situations cocasses et invraisemblables (telles que la naissance de Gargantua, sorti de l'oreille de sa mère) permettent de donner de la légèreté au texte et de rendre la lecture plus simple et plus fluide. La première partie est celle que j'ai sans doute préféré car le thème traité (celui de l'éducation) m'a plus touché que celui de la deuxième partie (le thème de la guerre). De plus la deuxième partie ne m'a pas semblé clair, nottament lors des échauffourée entre Grandgousier et Picrochole, sans doute car elle m'a quelque peu ennuyé. Dans l'ensemble ce texte est plutôt intérressant, malgré quelques longueurs lors de la seconde partie de l'oeuvre.
1) - Contexte du roman :
La parution de Gargantua se fait au XVIème siècle, en plein courant humaniste. Cela a donc fortement influencé Rabelais lors de l'écriture de son oeuvre. On peut d'ailleurs le remarquer avec l'éducation de Gargantua: celle-ci doit être complète et importante, or les humanistes avaient une soif de connaissances qui les poussaient à vouloir acquérir autant de connaissances que possibles. Il y a aussi un non-retour sur les principes du Moyen-Âge, considéré désormais comme mal-vu. On retrouve également ceci lors de l'éducation de Gargantua, éducation complètement humaniste qui remet totalement en cause celle donnée au Moyen-Âge. De plus Rabelais propose ici une éducation basé sur le dynamisme. En effet Gargantua doit pratiquer de nombreuses activitées physiques et intellectuelles et cela chaque jours. Or au Moyen-Âge l'éducation était surtout basée sur le "par coeur". On constate d'ailleurs que dans un premier temps, l'éducation de Gargantua sera très axée sur cette notion de "par coeur" avant de prendre un tournant plus "humaniste".
-Biographie de l'auteur :
Francois Rabelais, auteur humaniste, est né en 1494 à La Devinière en Touraine, d'un père avocat. En 1510, il commence sa préparation à la vie de moine et il rentre, en 1520 dans un couvent du Poitou. Il y restera jusque 1528, année où il se rend à Paris afin d'entamer des études de médecine à Montpellier, études qu'il terminera en 1530. En 1532 il est nommé médecin à Lyon et publie son premier roman, Pantagruel sous le nom Alcofhrybos Nasier. Par la suite il devient le médecin personnel de Jean Du Bellay et accompagne ce dernier en Italie, à Rome. En 1535 il publie Gargantua, en 1546, Tiers Livre, et en 1552, Quart Livre, qui est le récit des navigations de Pantagruel. En 1553, Rabelais décède de causes inconnues.
2) Le récit : (résumé de 2-3 lignes par chapitres)
Chapitres 1 : Découverte de la généalogie de Gargantua par des piocheurs.
Chapitre 3 à 4 : Le narrateur présente Gargamelle enceinte de onze mois, s'empiffrant de tripes, le couple royal ayant invité à la Devinière tout le voisinage.
Chapitre 5: Le festin se poursuit dans un pré, ce chapitre rapporte les propos de l'assistance ivre.
Chapitre 6 : Relate " l'étrange" naissance de Gargantua qui sort par l'oreille gauche de sa mère.
Chapitre 7 : Explique l'origine du nom du héros.
Chapitre 8 à 10 : A l'instar des romans de chevalerie qui consacraient de longues descriptions aux armes et aux costumes du héros, on s'attarde sur l'accoutrement de Gargantua
Chapitre 11 : Présente les jeux et activités de l'enfant.
Chapitre 12 : Gargantua dupe des visiteurs avec son écurie "factice".
Chapitre 13 : La dernière invention de Gargantua (l'art d'utiliser un oison pour s'essuyer les fesses) émerveille Grandgousier.
Chapitre 14 : Un premier précepteur sophiste : maître Thubal Holopherne.
Chapitre 15 : Grandgousier constate les résultats néfastes de la méthode scolastique. Premier contact avec l'éducation humaniste incarnée par le jeune Eudémon.
Chapitre 16 : Chapitre de transition: fin de l'enfance et départ pour Paris avec Eudémon et Ponocratès, le précepteur humaniste. Gargantua sur son énorme jument traverse la Beauce.
Chapitre 17 : Paris et les parisiens: pour punir ces derniers , Gargantua compisse la foule et provoque la noyade de deux cent soixante mille quatre cent dix-huit parisiens avant de s'emparer des cloches de Notre-Dame pour les mettre au cou de sa jument.
Chapitre 18 : Gargantua rend les cloches de Notre-Dame.
Chapitre 19 à 20 : Ivresse et malheurs de Janotus.
Chapitres 21 à 22 : L'éducation selon les précepteurs Sophistes.)
Chapitres 23 à 24 : L'éducation humaniste.
Chapitres 25 à 26 : Premiers épisodes de la guerre picrocholine. Nous assistons à un incident sans importance se produisant prés de Lerné : une "querelle" entre les bergers (de Grandgousier) et les fouaciers (de Picochole ,le voisin). L'incident donne l'occasion à Picrochole l'occasion d'entrer en guerre.
Chapitre 27 : La scène se déroule à l'abbaye de Seuillé. A l'extérieur, les gens de Picrochole détruisent le vignoble, à l'intérieur les moines apeurés chantent et prient. Cependant, l'un d'entre eux, Frère Jean des Entommeures, décide d'agir .
Chapitres 28 à 32 : Grandgousier demande à son fils, Gargantua, de lui venir en aide.
Chapitres 33 : Illustration de la folie de Picrochole.
Chapitres 34 à 36 : Gargantua, digne fils de son père, revient sans précipitation secourir son pays. Il s'arrête, délibère, s'informe sur l'ennemi, envoie un franc tireur , Gymnaste, champion de voltige, démolit un château, passe le gué, compisse ses ennemis, les noie et se débarrasse de la troupe qui le bombarde.
Chapitres 37 à 41 : Retrouvailles du père et du fils, festin, Frère Jean félicité, on parle de tout et de n'importe quoi et Frère Jean endort tout le monde, puis les réveille en chantant. Départ pour la guerre.
Chapitre 42 : Mésaventures de Frère Jean qui trop fougueux et trop harnaché se retrouve pendu par les oreilles à un arbre. Gymnaste le libère et frère Jean ne conserve que son bâton de croix.
Chapitre 43 : Parodie de combat entre Frère Jean et Tiravant, Dieu est du côté du moine. Gargantua, par stratégie, ne poursuit pas l'ennemi en déroute mais Frère Jean qui désobéit et se retrouve prisonnier.
Chapitres 44 à 45 : Frère Jean se libère , il capture Touquedillon et libère des pèlerins. Grandgousier leur conseille en les réconfortant de renoncer aux pèlerinages.
Chapitre 46 : Sermon de Grandgousier adressé à Touquedillon sur le thème "le temps n'est plus aux conquêtes".Libération de Touquedillon.
Chapitre 47 : Les alliés de Grandgousier s'empressent de lui offrir leur aide . Dans le camps ennemi le retour de Touquedillon amène la discorde , on l'accuse de trahison, il tue et est tué... rumeurs d'insurrections.
Chapitres 48 à 49 : l'assaut final. La Roche-Clermaud est envahie par les troupes de Grandgousier grâce à une manoeuvre de Frère Jean. Picrochole s'enfuit, on ne le retrouvera pas.
Chapitre 50 à 51 : Harangue de Gargantua(désormais prêt à succéder à son père) qui se lance dans un éloge de la monarchie et choisit Ponocrates pour diriger le royaume désolé de Picrochole. Les prisonniers sont humainement traités, tous les chefs de l'armée victorieuse sont récompensés.
Chapitre 52 : A Frère Jean qui refuse de diriger une abbaye, on offre Thélème , l'abbaye du "bon vouloir".
Chapitre 53 à 57 : Description de Thélème: son architecture, le mode de vie et de pensé des thélémites...
Chapitre 58 : Dernier chapitre : la longue énigme trouvée en creusant les fondations de l'abbaye. Une prophétie dans laquelle Gargantua voit "le cours et la persistance de la vérité divine"
4) Le personnage de Gargantua :
Gargantua est le fils de Grandgousier et Gargamelle. Il naît de l'oreille de sa mère, après avoir été porté pendant onze mois, lors d'une partie de campagne organisée par Grandgousier où elle a beaucoup mangé, ri, plaisanté et dansé. La taille extraordinaire de Gargantua permet à Rabelais de décrire de nombreuses situations pour le moins loufoques, en effet Gargantua fait, à sa naissance, bien plus que la taille d'un homme. Dès sa naissance le géant est mort de soif et ses nombreuses plaintes amènent son père à s'exclamer: "Que grand (gosier) tu as", ce qui vaudra à l'enfant d'être appelé Gargantua.
Entre trois et cinq ans, Gargantua est élevé assez librement. Il bénéficie ensuite d'une éducation délivrée par des pédagogues traditionnels. Puis il se rend à Paris pour recevoir l'enseignement de Ponocrates.
Gargantua est un bon vivant, il aime manger, boire et a un attrait particulier pour les blagues à l'humour douteux. Il a également une passion pour la chasse et l'équitation, qu'il pratique ausi souvent qu'il le peut. Gargantua vient en aide à son père lors de la guerre contre Picrochole, et, à l'aide du Frère Jean des Entommeures, la remporte.
5) Les thèmes du livre :
- L'éducation :
L'éducation est l'un des principaux thèmes de cet ouvrage ce qui est logique car c'est également l'une des grandes préoccupations des humanistes du XVIème siècle. Par le biais de l'éducation reçue par Gargantua, l'auteur expose ses idées à se sujet. Il critique tout d'abord les pratiques du Moyen- âge notamment la pédagogie des professeurs comme Thubal Holoferne, premier percepteur de Gargantua qui lui fait étudier une longue liste d'ouvrages (comme Dormi Secure qui signifie « dors en paix »), dont les titres nous laissent douter de l'utilité de leur lecture. Par ailleurs, le temps que passe gargantua à cette étude nous suggère qu'elle est synonyme de perte de temps, en effet, Gargantua met environ cinq ans à apprendre son alphabet.
D'autre part, le résultat de ces études sur Gargantua est déplorable, il a des facilités pour apprendre mais ces méthodes ne lui apprennent pas à réfléchir ni à raisonner. On comprend ici que Rabelais condamne la scolastique.
Mais, c'est sous l'enseignement de Ponocrates, que Gargantua va enfin recevoir une « bonne » éducation. Le narrateur fait ainsi l'éloge des méthodes du percepteur qui cherche avant tout à intéresser son pupille à la connaissance mais qui tient également à ce qu'il s'entretienne physiquement et qu'il s'épanouisse à son rythme sans pour autant perdre une seule heure de chaque journée. Il le pousse à la réflexion sans le brusquer et au final, c'est Gargantua qui montre une soif de connaissance et un esprit vif. Cette méthode d'éducation humaniste est certainement l'éducation que Rabelais juge parfaite, elle pousse l'homme à s'interroger sur le monde qui l'entoure tout en se référant aux textes et auteur de l'antiquité, sans négliger l'entretien corporel. Rabelais prône ainsi la tripartition et il propose un programme d'éducation humaniste efficace où chaque minute est utilisée sciemment.
- La guerre
La guerre est l'un des éléments centraux de Gargantua. En effet, le récit s'achève après la victoire de Gargantua sur l'armée de Picrochole. Cette guerre est l'élément qui finalise l'éducation de Gargantua et ce sont ses exploits guerriers qui font de lui un homme sage et digne aux yeux du lecteur. Par l'intermédiaire de cette guerre, Rabelais met surtout en avant le fait qu'une guerre doit être justifiée et morale. Elle se justifie ici par la méchanceté des fouaciers de Lerné et de leur roi Picrochole qui s'oppose à l'attitude pacifiste de Grandgousier. Cette problématique de la « guerre juste » a passionné les philosophes du Moyen- âge et de la Renaissance. Rabelais cherche à montrer au lecteur que malgré la philosophie pacifiste des humanistes, la guerre est parfois inévitable et même nécessaire. La réaction de Grandgousier en est l'exemple concret car même si la paix est son unique but, il ne peut laisser son ennemi dévaster son pays sans intervenir, cela serait encore plus immoral de le laisser faire que de se défendre contre cette attaque injuste. Rabelais marque bien cette différence car au contraire de Picrochole qui a soif de conquête, Grandgousier combat afin de rétablir la paix. Ces motifs sont donc nobles et en accord avec la philosophie humaniste.
- La religion
De nombreuses questions religieuses sont abordées dans Gargantua. Tout au long du récit, Rabelais critique ouvertement le mode de vie monastique, auquel il a appartenu, mais également le bienfondé des pèlerinages très en vogue à l'époque. Ainsi, Grandgousier conseille aux six pèlerins de remplir leurs devoirs auprès de leur famille plutôt que de passer leur temps à faire des pèlerinages (chapitre 36). Rabelais remet donc en cause les doctrines de l'Eglise et les « faux » devoirs religieux qu'elle impose à ses fidèles.
Par ailleurs, les personnages critiquent à plusieurs reprises l'état de moine. Ils jugent les moines « rejetés du monde » (chapitre 38) et ils déplorent leur mode de vie triste, organisé par des lois imposées par l'Eglise. Ainsi, Rabelais nous propose son utopie de la religion avec l'exemple de l'abbaye de Thélème. Lieu de liberté, de joie, de culture et d'amour où tout serait régi selon la volonté des habitants (chapitre 55). Les « Thélémites » doivent être jeunes, beaux et intelligents. Les plaisirs terrestres ne sont pas condamnés dans cette abbaye. Rabelais critique également le v½u de chasteté auquel les moines sont soumis par l'Eglise, ainsi, les jeunes dames de Thélème se marient avec les jeunes Thélémites pour s'aimer le reste de leur vue.
Dans Gargantua, Rabelais ne critique pas la religion en elle-même mais il blâme le pouvoir arbitraire de l'Eglise et les règles drastiques qu'elle impose aux fidèles au nom du devoir religieux. C'est certainement son expérience en tant que moine qui a donné à Rabelais l'idée d'une religion parfaite où chacun serait guidé vers Dieu par sa propre foi et non en suivant le chemin tout tracé d'une Eglise qui s'en éloigne.
7) Appréciation personnelle argumentée :
J'ai trouvé le roman de Rabelais, Gargantua, plutôt intéressant et amusant. En effet il est très étonnant de voir un auteur du XVIème siècle utiliser des termes tels que "pissait", "chiait" ou encore "torchecul". D'autant plus quand on sait que Rabelais fut érudit.Tout cela donne une dimension plaisante au texte à laquelle je ne m'étais pas attendue. Certaines situations cocasses et invraisemblables (telles que la naissance de Gargantua, sorti de l'oreille de sa mère) permettent de donner de la légèreté au texte et de rendre la lecture plus simple et plus fluide. La première partie est celle que j'ai sans doute préféré car le thème traité (celui de l'éducation) m'a plus touché que celui de la deuxième partie (le thème de la guerre). De plus la deuxième partie ne m'a pas semblé clair, nottament lors des échauffourée entre Grandgousier et Picrochole, sans doute car elle m'a quelque peu ennuyé. Dans l'ensemble ce texte est plutôt intérressant, malgré quelques longueurs lors de la seconde partie de l'oeuvre.